L'Orient-Le Jour : La Jamhour Alumni US célèbre ses 14 ans avec Pierre Issa, cofondateur d’arcenciel

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Liban > Événement
Sylviane ZEHIL, à New York | OLJ - 22/11/2017

L'association Jamhour Alumni US (JAUS) vient de célébrer quatorze ans d'action éducative au profit du Collège Notre-Dame de Jamhour et son réseau de neuf écoles, en présence d'anciens élèves venus de Washington, Baltimore, Boston, de l'Ohio, du Texas, de Californie, de Montréal, Londres, Genève, Dubaï et Paris.

Dans une atmosphère conviviale, cette soirée annuelle organisée par Nada Sara – en charge de l'organisation des événements de JAUS – a eu lieu au restaurant Current, en bordure du Hudson, en présence de plus de 200 personnes, dont l'ambassadeur Nawaf Salam, accompagné de son épouse Sahar, le consul général du Liban, Majdi Ramadan, et son épouse Vanessa, le père Charbel Batour s.j., recteur du collège, et Anis Barakat.

« Soixante générations séparent les 70 anciens présents ici ce soir, avec l'aîné de la promo 1957 et le plus jeune de la promo 2016 ! C'est incroyable ! » s'est exclamé Bassel Kikano, président de JAUS. Ces anciens forment aujourd'hui la nouvelle génération qui porte à son tour le flambeau, partageant les mêmes valeurs et l'engagement social au service de l'éducation. Au fil des années, JAUS a maintenu la tradition d'inviter à ses agapes des personnalités ayant « un extraordinaire parcours dans le monde de la science, de la finance, de la diplomatie, de l'industrie ou de la philanthropie, afin de partager leur expérience et leurs rêves », a souligné M. Kikano.

La vice-présidente de JAUS, Carine Assouad, a relevé de son côté que « cette année, nous abordons un autre aspect ». « L'invité d'honneur, Pierre Issa, mettra en évidence une autre façon de prospérer, de mener une vie au service du social, précise-t-elle. Notre choix de nous concentrer sur la société civile provient d'une conviction forte que le Liban, plus que jamais, a besoin d'acteurs qui pourraient initier un changement. »

Les membres du comité de la JAUS.

Débat
Le débat, animé par le Dr Gabriel Sara, ex-président de JAUS, a permis à Pierre Issa de raconter avec modestie son parcours atypique en dehors des sentiers battus. Un parcours jonché de grands défis pour un homme qui s'est taillé avec succès une place, sur le double plan local et international, dans l'entrepreneuriat social. Son histoire, chargée de hauts et de bas, a permis à l'audience de découvrir un être aux multiples facettes qui, avec la création d'arcenciel en 1985, a consacré sa vie au service de tous.
Devant un parterre attentif, Pierre Issa a raconté le cheminement de cette association « apolitique et non confessionnelle », qui s'est métamorphosée en une institution pluridisciplinaire libanaise avec 600 employés, à majorité des handicapés. L'action de cette institution a été axée sur la résolution des crises sociales et environnementales, avec pour objectif le développement durable. La réussite de Pierre Issa sur ce plan lui a valu de nombreuses distinctions nationales et internationales, notamment le « Schwab Social Entrepreneur Awardee » pour le Moyen-Orient, à Davos. Il est aussi chevalier de la Légion d'honneur.

En 33 ans, cet acteur-clé de la réinsertion des jeunes, de la gestion des déchets, du recyclage, de l'écotourisme et de l'agriculture, a fait d'arcenciel une entreprise pilote avec un transfert de savoir et un savoir-faire uniques qu'il a partagés et exportés dans les pays du Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en France, et bientôt aux États-Unis. Pierre Issa était accompagné à ce dîner de Claude, son épouse, et de ses deux filles Kim (en charge des relations institutionnelles, qui a présenté arcenciel) et Miguele.

 

Levée de fonds
Pour en revenir à l'objectif du dîner annuel, Carine Assouad a indiqué que les anciens de Jamhour « contribuent chaque année à la scolarisation de 100 à 300 élèves pour leur permettre d'accéder à une éducation de qualité ». « Nous avons récolté plus de 2,3 millions de dollars et avons accompagné les écoliers tout au long de leur scolarité », a précisé Mme Assouad. L'objectif de cette année est la scolarisation de 170 nouveaux élèves, soit une levée de fonds de 150 000 dollars.

Grâce à de vibrants témoignages et un appel à la générosité de la trésorière Cynthia Hajal, la collecte de fonds a atteint l'objectif ciblé, celui « d'aider les enfants à réaliser leurs rêves et à contribuer à une société libanaise de plus en plus instruite, car selon la devise de JAUS, une nation éduquée ne meurt jamais ».

De son côté, dans son allocution, le recteur du collège a mis en exergue les dons et le niveau d'excellence des élèves de Jamhour, plus particulièrement en robotique. Certains ont même remporté de nombreux prix. Afin de mieux faire valoir ces jeunes talents, le père Batour, revenant de Rio, a fait le détour par San Francisco pour visiter Bellarmine College, l'un des premiers collèges jésuites dans le monde, qui excelle en robotique, afin de tenter d'établir des liens entre les deux collèges. Il faut dire que « l'exceptionnelle promo 2017 » a eu cette année des « résultats exceptionnels » avec « une classe d'exception », s'est félicité le père Batour. « Un étudiant a obtenu 20,28 sur 20 au baccalauréat français », a-t-il lancé.

« Jamhour est devenu un important réseau pour l'éducation » avec neuf écoles dans la Békaa, Taanayel, Baalbeck, Hammana, Beyrouth, et l'ouverture de deux nouvelles écoles à Saïda. Ses ramifications s'étendent aussi en dehors du Liban, notamment à Dubaï et bientôt à Paris. « Nous allons célébrer dix ans de collaboration avec le Lycée français de Dubaï, a souligné le père Batour. Récemment, l'évêque maronite de Paris a proposé d'ouvrir une école franco-libanaise (dans cette ville). Nous étudions sérieusement cette proposition », a-t-il annoncé.

Pour une meilleure organisation au Liban, le père recteur a aussi annoncé la création d'un nouveau comité, la « Mutuelle des bourses scolaires », présidé par Joe Saddi, succédant à Philippe Jabre. Une ombre plane toutefois au-dessus du collège. Les secousses politiques qui frappent le pays et la hausse des salaires des enseignants représentent un accroissement de la charge financière de 45 %. Le père Batour a relancé, dans ce cadre, l'idée qu'il caresse depuis deux ans : mettre sur pied un fonds de dotation (endowment fund) pour le collège. Deux membres du nouveau comité ont aidé à le lancer dans l'espoir que les anciens à travers le monde suivront.

 

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