L'Orient-Le Jour : Les 15 ans du Jamhour Alumni US sous le signe de la générosité

Diaspora
Sylviane ZEHIL , à New York | OLJ - 10/12/2018

Éducation
L’action sociale de cette association permet de scolariser de nombreux enfants au Liban chaque année.

L’association Jamhour Alumni US (JAUS) a célébré récemment ses quinze années d’action éducative au profit du collège Notre-Dame de Jamhour et son réseau de neuf écoles. L’invité d’honneur de cette cérémonie était Joe Saddi (promo 1976), fondateur et ex-PDG de Booz and Co, président du comité de la mutuelle des bourses scolaires du collège et gestionnaire du fonds de dotation qu’il a contribué à mettre sur pied pour permettre aux anciens à travers le monde d’apporter leurs contributions. Organisé par Nada Sara et animé par François Bassil, nouveau trésorier de l’association, l’événement annuel de levée de fonds s’est déroulé à l’University Club de New York en présence de plus de 150 anciens et amis, à majorité des jeunes, dont notamment le consul général du Liban, Majdi Ramadan, le recteur du collège, le père Charbel Batour, et Anis Barakat. Cette soirée a été possible grâce au comité composé de Bassel Kikano (président), Cynthia Hajal, vice-présidente, François Bassil, trésorier, et des membres fondateurs Karim Awad, Cyril-Christian Rizk, Bud Zéhil, Jimmy Keyrouz, Carine Assouad, Antoine Nasr, Gabriel Sara et Nada Sara.

Politique de résistance

Photo-souvenir à la table d’honneur lors du dîner des anciens de Jamhour
à New York.

La générosité de tous les anciens de Jamhour permet au collège de poursuivre « la politique de résistance à l’éducation », comme l’a indiqué le recteur du collège, et de réaliser les nombreux projets, dont notamment l’agrandissement du collège Saint-Grégoire à Beyrouth, qui abritera prochainement le collège Notre-Dame de Jamhour. Les écoles privées au Liban passent par une grave crise existentielle avec la fermeture de nombreuses écoles privées et le licenciement de professeurs et instituteurs, due à l’augmentation des salaires imposée par le gouvernement. Le collège « a réussi malgré tout à faire face à cette crise majeure en devenant un exemple dans le pays. C’est grâce à votre soutien, les anciens de Jamhour du monde entier, que nous pouvons résister », a lancé le père Batour. « D’un pays à l’autre, je ne cesse de répéter que nous adoptons une politique de résistance de l’éducation. Jamhour continue de grandir et nos projets se poursuivent », a-t-il assuré.

 « Cette politique de résistance » permet au collège d’aller de l’avant avec la réalisation de trois projets de modernisation : le premier avec la rénovation du terrain de jeu du campus principal du collège Notre-Dame de Jamhour, le deuxième en doublant la taille du collège Saint-Grégoire avec pour objectif qu’il devienne le véritable Jamhour de Beyrouth, le troisième en modernisant le campus de Hammana avec la nouvelle chapelle qui sera baptisée Notre-Dame des Cimes. « Nous célébrerons la première messe en juillet 2019 dans cette chapelle », a poursuivi le père recteur. « La modernisation du collège se met aussi au goût du jour avec la mise en place d’un système solaire d’énergie renouvelable, qui couvrira une grande partie de l’école. » De son côté, et s’appuyant sur le symbole de l’autocar, « lieu de rencontres et de liens spéciaux des écoliers, qui nous a conduits en toute sécurité à l’école, pilier de notre éducation », le président de la JAUS, Bassel Kikano (promo 1998), a rendu hommage à « la formation jésuite qui nous a permis d’approfondir nos connaissances et d’exploiter nos compétences afin d’exceller dans tous les domaines ». « Ce soir, vous avez la possibilité d’être l’autocar qui transporte les jeunes défavorisés à l’école pour donner l’espoir à cette nouvelle génération et l’aider à traverser ces moments difficiles », a-t-il encore dit.

 

« Quand vous aurez, donnez ! »

« Quand vous apprenez, enseignez. Quand vous aurez, donnez ! » Tel est le conseil de la poétesse Maya Angelou. Un conseil suivi par beaucoup d’anciens. Les nombreuses lettres de témoignage d’élèves parrainés par la JAUS au fil des années – lettres qui sont recueillies dans la brochure réalisée chaque année grâce à la générosité de Fouad Sawaya – sont l’expression de leur grande gratitude et leur volonté de contribuer plus tard à l’éducation d’un jeune camarade de classe. L’appel à la générosité des participants lancé par Cynthia Hajal invite « à réfléchir à l’impact des contributions sur la vie de plus de 800 enfants défavorisés du collège Notre-Dame de Jamhour et de ses écoles affiliées au cours des quinze dernières années. L’objectif est d’aider les enfants à réaliser leurs rêves et à contribuer à une société libanaise de plus en plus instruite, appliquant la devise de JAUS, “une nation éduquée ne meurt jamais”. » En 2017, la JAUS a pu soutenir 72 étudiants avec une levée de fonds de 150 000 dollars. Cette année, l’association espère élargir son champ d’action à 100 nouveaux élèves qui accéderont à un enseignement de qualité pour réaliser leurs aspirations professionnelles. « Notre pays souffre d’un excès de tout ce qui précède et l’éducation est un acteur fondamental pour y remédier, » souligne Nada Sara.