II. Souci du Bien Commun et Sens Social

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II - Souci du bien commun et sens social

  1. Une école chrétienne ne peut pas se contenter de façonner des esprits cultivés. Elle doit aussi, et surtout, forger des caractères libres et forts, des cœurs ouverts, des volontés soucieuses du bien commun, « des-hommes-et-des-femmes-pour-les-autres ». Ce qui donne son sens au Collège Notre-Dame de Jamhour, ce sont les personnes qu’il s’est donné pour mission de former.
  2. Le Collège évitera le piège d’un humanisme replié sur le passé ou limité à la transmission d’une culture dépourvue de contact avec la réalité. Il donnera à ses élèves une connaissance précise du monde contemporain et les rendra conscients du rôle que tout adulte doit jouer dans l’organisation concrète des relations interhumaines.
  3. Le Collège veillera à ne pas laisser croire à ses élèves qu’il veut seulement les mettre en mesure de devenir plus puissants et plus riches grâce à l’étendue de leur savoir. Il ne doit pas oublier que sa tâche est de former des personnes désintéressées et généreuses, visant le développement culturel et économique de tout leur pays, disposées à rendre service aux autres quand les occasions se présentent.
  4. Ainsi prennent leur sens pour le Collège les examens, les diplômes, la recherche des succès scolaires : dépassant la vanité des statistiques, leur véritable rôle est de préparer des personnes capables d’assumer des responsabilités.
  5. Ainsi se justifient l’estime du travail bien fait et la sévérité à l’égard de ceux qui enfouissent égoïstement les talents reçus, au lieu de les faire fructifier.
  6. Ainsi s’expliquent les encouragements pour tout ce qui, dans le travail scolaire, dans les activités sportives ou artistiques, dans les mouvements de jeunes, favorise la vie collective, l’esprit d’équipe et de collaboration, et, d’autre part, la condamnation d’une émulation qui donnerait la priorité à un succès strictement personnel.
  7. Ainsi s’éclaire l’insistance répétée sur deux conditions fondamentales de tout rapport humain : la loyauté en toutes circonstances et le respect des autres (éducateurs, camarades, employés, etc.) quels que soient les cloisonnements sociaux et les divergences politiques ou religieuses.
  8. Ainsi se légitime l’importance accordée aux travaux de groupes et aux échanges d’idées ou d’opinions, comme préparation à la vie sociale. Rien ne peut être plus profitable à des élèves que l’expérience de ces dialogues libres qui consistent autant à avoir le courage de s’exprimer devant l’autre qu’à savoir l’écouter.
  9. Les éducateurs au Collège et les parents en famille s’efforceront :
    - de former, d’une façon pratique, les enfants à la vie communautaire ;
    - de leur donner, dans la vie de tous les jours, le sens de la solidarité et le souci du bien commun ;
    - de leur inspirer un amour de leur patrie, qui ne soit pas un vague attachement sentimental, mais le désir de lui être utile.
    Ainsi, l’éducation civique et citoyenne des jeunes ne se réduira pas à une information théorique sur les institutions et les rouages administratifs de leur pays. Elle les préparera en fait à jouer plus tard, dans l’acceptation des autres, leur rôle de citoyen.
  10. Une profession est, au premier chef, un service déterminé de la société. Le Collège cherchera donc à informer les élèves des problèmes sociaux, économiques et politiques qui se posent dans la famille, le pays, ainsi qu’au niveau international. Il les aidera très tôt à acquérir une compréhension fraternelle des besoins de tous et d’abord de ceux qui sont victimes des injustices sociales. Il les préparera ainsi à travailler plus tard à l’édification d’un monde plus juste et, pour donner l’exemple de ce qu’il recommande, il veillera à fonder, lui-même, sur la justice les relations qu’il contracte avec son personnel enseignant et non-enseignant.