Historique

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Le Collège Notre-Dame de Jamhour est fondé par les pères jésuites de la Province du Proche-Orient. Ouvert en octobre 1953, il succède au Collège Secondaire de l’Université Saint-Joseph installée en 1875 à Beyrouth. Ce collège secondaire est le successeur de celui ouvert à Ghazir en 1849, auprès du séminaire fondé en 1844. Depuis 1975, le Collège ne reçoit que des externes, garçons et filles, de la 12e jusqu’en Terminale.

 

Première pierre et transfert sur la colline de Jamhour

Le dimanche 30 avril 1950 est une date importante puisqu’elle marque le 75e anniversaire de la fondation de l’Université Saint-Joseph et la pose de la première pierre de l’actuel Collège, sur la colline de Jamhour.

Une messe solennelle, célébrée en l’église de l’Université, avec assistance au trône du Nonce Apostolique, S.E. Mgr Alcide Marina réunit ce jour-là une pléthore de personnalités comme le Président de la République, M. Béchara El-Khoury, le Recteur de l’Université, le R.P. Pruvot, les Ministres de l’Hygiène, de l’Éducation, des PTT et de l’Information, respectivement Dr Élie Khoury, Dr Raïf Bellama et M. Khalil Abi-Jaoudé. Nombreux membres du Corps diplomatique et du Corps consulaire, ainsi que le Comte Armand de Chayla, ministre de France, les directeurs généraux, les hauts fonctionnaires, M. Habib Abi-Chahla et M. Henri  Pharaon sont également présents.

À 11h.30 se déroulera à Jamhour la cérémonie de la pose de la première pierre du Collège que la Compagnie de Jésus va ériger. Le Recteur de l’Université a dans son discours, justifié le choix du site :
« En 1875, cinq ans après une guerre désastreuse, les Jésuites de la Province de Lyon construisaient en bordure de la ville de Beyrouth ce qui avait la prétention de devenir un grand collège : les esprits inquiets trouvaient l’époque mal choisie et l’emplacement trop éloigné du centre ville.
En 1950, cinq ans après une guerre épuisante, leurs successeurs de la Vice-Province du Proche-Orient construisent un nouveau collège en bordure de la ville qui s’étend : de nouveau des esprits inquiets trouvent l’époque incertaine et le site trop écarté.
Aujourd’hui, en effet, peut-être plus qu’alors, les sujets d’inquiétude, autres que la distance ne manquent pas, si l’on considère l’instabilité des structures politiques, économiques ou sociales. Mais aujourd’hui comme alors, la Compagnie de Jésus garde la foi dans sa mission d’éducatrice. Aujourd’hui comme alors, sans se faire d’illusions sur la gravité des problèmes que réserve l’avenir, elle garde la foi dans l’avenir de cette œuvre parce qu’elle garde la foi dans l’avenir du Liban. Car vraiment cette fondation est un signe de cette foi, cette fondation est un acte de foi… »

Un peu plus loin, le père Pruvot insiste sur les racines profondes d’une amitié remontant dans le passé. Ce passé solide avec tout ce qu’il signifie : «  … insertion toujours plus délibérée dans la terre libanaise, souci toujours plus exigeant de culture française, approfondissement toujours plus sincère de l’esprit chrétien. »
Il abordera ensuite le besoin de faire du neuf et les exigences nouvelles de l’éducation, en relevant l’importance d’un cadre de travail et de vie adéquat. Il évoquera les perspectives de paix, de calme et de plein air vivifiant qu’offre le site choisi pour la construction du Collège.
Le père Pruvot terminera son discours en soulignant la fidélité à l’Église et au Saint-Siège de la Compagnie de Jésus ainsi que l’amitié qui unit cette dernière au Liban et à la France.

Le Président de la République, Cheikh Béchara El Khoury, assurera dans sa réponse la joie qu’il éprouve, « en tant qu’ancien fidèlement attaché aux traditions de la Maison, de prendre part au baptême de pierre, en présence de deux parrains illustres, le Siège Apostolique et la République Française ». Il terminera en insistant sur la confiance qu’il témoigne à la Compagnie de Jésus, « elle qui a fondé la nouvelle demeure comme l’ancienne, sur le roc libanais après l’avoir fondée sur la foi en Dieu et sur un haut lieu où souffle l’Esprit. »

Le Nonce Apostolique récitera les prières liturgiques, aspergeant la pierre d’eau bénite, et y gravant avec la pointe d’un couteau une croix. Sur cette même pierre que le Président de la République va sceller, sont gravés ces mots :
dominae nostrae
dei genitrici
cui data est
gloria libani
die xxx april mcml
(A Notre-Dame, Mère de Dieu, à qui est donnée la gloire du Liban, le 30 avril 1950)

Quelques années plus tard, le jeudi 21 novembre 1968, le Nonce Apostolique, Mgr Gaetano Alibrandi, présidera la consécration de l’église Notre-Dame de Jamhour. Comme pour la pose de la première pierre du Collège, de nombreuses personnalités ont assisté à la messe qui fut célébrée à cette occasion : M. Raymond Eddé, M. Ghaleb Turk, M. Jean-Pierre Campredon, chargé d’affaires de l’Ambassade de France, le président Alfred Naccache, M. Fouad Ephrem Boustany, recteur de l’Université Libanaise, M. Gabriel Trad et tant d’autres encore.

Selon Le Jour, le quotidien en vigueur à l’époque, la cérémonie religieuse fut taxée d’hymne à la joie dans l’unité. Sur un rythme extrêmement moderne, la chorale des chanteurs de Jamhour, comprenant 55 personnes, aurait exécuté sous la direction du père Albert Mayet quelques uns des plus beaux psaumes de l’Écriture, mis en musique par les  PP. Joseph Akepsimas et de Fatto, avec pour soliste le P. Coudray. Pour la première fois dans les annales libanaises, les chœurs étaient accompagnés à l’orgue, à la guitare électrique et à la batterie par MM. Gabriel Yared, Jean Luc Cast et Sami Khayat.

Le Petit Collège étant resté en ville, l’on entendait des fois dire d’un enfant qu’il "allait en classe à l’Université". Ce n’est qu’en 1972, le samedi 17 juin que se déroula la cérémonie de la pose de la première pierre du Petit Collège à Jamhour.

Tiré du Livre des 125 ans