Qui est le P. Marek Cieslik s.j. ? Vice-recteur depuis septembre 2021

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En mai 2021, la communauté du Collège apprend la nomination d’un “nouveau” vice-recteur qui devra succéder, à l’automne suivant, au P. Denis Meyer, appelé à d’autres fonctions par la Compagnie de Jésus.
Le P. Marek
Cieślik s.j., nommé vice-recteur, n’est pas un inconnu à Jamhour. Si son nom semble complètement étranger aux élèves, bon nombre de personnes ont eu la possibilité de le rencontrer à l’occasion de réunions ou d’évènements liés au réseau NDJ et aux Écoles Jésuites de la Békaa.
Même s’il évite adroitement les questions personnelles, le P. Marek a accepté de se présenter au public
jamhourien en retraçant les grandes lignes qui ont marqué sa vie, depuis sa Pologne natale jusqu’à sa mission à la direction du Collège.

En 1988, après avoir obtenu son baccalauréat polonais puis un diplôme en électromécanique, Marek Cieślik entre au noviciat de la Compagnie de Jésus en Pologne, à Gdynia. Il entreprend ensuite des études de philosophie (1er cycle) à Cracovie, et part en Égypte pour, d’abord s’initier à la langue arabe au Caire et, ensuite, travailler dans le domaine social et éducatif dans une école et un centre jésuites à Minia (Haute-Égypte). C’est là où il prend conscience de l’importance pour un établissement scolaire jésuite, non seulement de transmettre des connaissances, mais aussi d’assurer une solide formation en vue d’acquérir une maturité.

Après son passage en Égypte, le P. Marek Cieślik poursuit des études de théologie :

  • le Ier cycle en France (au Centre Sèvres à Paris) qu’il clôture avec un mémoire intitulé « Vérité et Amour – à partir du questionnement rahnérien sur la Trinité »,
  • le IIe cycle aux États-Unis (au Weston Jesuit School of Theology à Cambridge) qu’il achève avec STL Thesis sur « Interreligious Dialogue and Balthasar’s Theology »,
  • le IIIe cycle de nouveau au Centre Sèvres. Sa thèse de doctorat, sous la direction du P. Christoph Teobald s.j., porte sur la théologie du dialogue chez John Henry Newman, un de ceux qui ont indirectement mais indéniablement contribué à la conception du dialogue tel que proposé par Gaudium et spes de Vatican II et esquissé dans Eccesiam suam du pape Paul VI.

Durant son deuxième cycle, il suit International Jesuit Education Leadership Program sous le patronage du P. Vincent Dominuco s.j. et devient membre de Alpha Sigma Nu Jesuit Honor Society dirigée par Weston Jesuit School of Theology. Au terme de ces huit ans d'études théologiques, il retourne au Caire où il aide à la formation des novices jésuites de la Province du Proche-Orient comme socius du père maître des novices, tout en faisant ses premiers pas dans l’enseignement en arabe au séminaire copte-catholique de Maadi.

En 2008, il lui est demandé de prendre en charge quatre écoles jésuites, au Liban, dans la Békaa (EJB). C’est là qu’il apprendra – dans le dédale libanais – à gérer les affaires administratives, pédagogiques et financières d'institutions scolaires dont les bénéficiaires appartiennent pour la plupart à un milieu très modeste. Pendant cette période, il participe activement à la création d’un réseau de différentes écoles sous la tutelle du Collège Notre-Dame de Jamhour (CNDJ).

Entre temps, depuis le début de son travail dans les EJB, il s’implique de plus en plus comme enseignant à l’Institut supérieur des sciences religieuses (ISSR) de la Faculté des sciences religieuses (FSR) de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth (USJ). Parmi les unités d’enseignement qui lui sont confiées progressivement figurent : la théologie fondamentale, l’anthropologie théologique, l’histoire de l’Église entre le concile de Trente et celui de Vatican II, la foi et les sciences, l’enseignement social de l’Église, ou encore l’accompagnement spirituel.

C’est au cours de son travail académique qu’il publie :

  • chez Orizons « John Henry Newman - Éléments de théologie du dialogue - ‘La vie est pour l’action’ »,
  • dans la revue Al-Machriq « الدين في التربية بحسب جون هنري نيومن »,
  • et dans la revue Al-Makassed «الحوار في التعليم الكاثوليكيّ وأثره على العلاقات الإسلاميّة المسيحيّة »

Tout au long de sa formation, et plus particulièrement au cours de ses premières années de travail pastoral et professionnel au Pays du Cèdre, il consacre une bonne part de son temps à la formation aux Exercices ignatiens. Cette activité s’arrête en 2013 lorsqu’il est nommé vice-doyen de la FSR. Un an plus tard, il laisse la direction des EJB au P. Bruno Sion, l’ancien recteur du CNDJ, pour prendre en charge le rectorat du scolasticat jésuite à Beyrouth, le décanat de la FSR et la direction de l’Institut d’études islamo-chrétiennes à la FSR.

Trois ans plus tard, il reprend la direction des EJB, sans quitter pour autant ses responsabilités à l’USJ. C’est seulement en septembre 2021 quand il est nommé vice-recteur du Collège Notre-Dame de Jamhour et du Collège Saint-Grégoire, tout en restant responsable des EJB, qu’il clôture le chapitre de l’Université.

Aujourd’hui, au bout d’un mois à Jamhour, que pense-t-il de sa nouvelle mission ?

Face à l’effroyable effondrement économique, financier et social du pays, il est témoin de l’exploit quotidien qui s’y joue : souvent entre angoisses et débrouilles, entre convictions et tâtonnements, mais aussi avec beaucoup de courage et de prudence, de sagesse et d’intégrité. Et d’ajouter : « Plutôt que maudire les ténèbres, comme dirait Confucius, allumons une chandelle, si petite soit-elle ».